Envisager de quitter son emploi est une décision importante, et la manière de le faire peut avoir un impact significatif sur votre avenir professionnel. La rupture conventionnelle offre une voie de sortie amiable, permettant à l’employé et à l’employeur de se séparer d’un commun accord.
Contrairement à une démission ou un licenciement, cette procédure négociée protège les droits des deux parties, notamment l’accès aux allocations chômage pour le salarié. C’est une solution de plus en plus privilégiée pour sa flexibilité et sa sécurité.
Cependant, pour initier cette démarche de manière professionnelle et efficace, la première étape est cruciale : la rédaction d’une lettre de demande. Ce document officiel pose les bases de la négociation et témoigne de votre sérieux.
Une lettre bien structurée et claire maximise vos chances d’ouvrir le dialogue dans des conditions favorables. Pour vous aider à formuler votre demande avec confiance et précision, découvrez nos exemples de lettres de demande de rupture conventionnelle.
Exemple lettre de demande de rupture conventionnelle

Ce processus permet de formaliser un accord mutuel, évitant ainsi les tensions souvent associées aux licenciements ou aux démissions.
demande de rupture conventionnelle (Modèle)Modèle de lettre de demande de rupture conventionnelle
[Votre Nom et Prénom]
[ Adresse]
[Numéro de téléphone]
[Adresse e-mail]
[Nom de l’entreprise]
À l’attention de [Nom du manager ou du responsable des ressources humaines]
[Adresse de l’entreprise]
Fait à [Lieu], le [Date]
Objet : Demande de rupture conventionnelle
Madame, Monsieur,
Salarié(e) au sein de la société [Nom de l’entreprise], depuis le [date d’embauche, ex. : 15/06/2015], j’occupe actuellement le poste de [votre fonction, ex. : Chargé(e) de projet] en contrat à durée indéterminée (CDI).
Dans le cadre d’un projet personnel de reconversion professionnelle, je souhaite mettre fin à mon contrat de travail de manière amiable et négociée. Par la présente, je vous sollicite, conformément aux dispositions de l’article L. 1237-11 et suivants du Code du travail, l’ouverture d’une procédure de rupture conventionnelle, avec une prise d’effet envisagée au [date souhaitée, ex. : 31/12/2025], sous réserve d’accord mutuel sur les modalités.
Je reste à votre entière disposition pour organiser au moins un entretien préalable afin de discuter des conditions de cette rupture, notamment la date de fin effective, l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle (au minimum égale à l’indemnité légale de licenciement) et toute autre clause pertinente.
Je vous remercie par avance pour l’attention que vous porterez à cette demande et pour les opportunités offertes au cours de mon parcours au sein de l’entreprise. Je suis convaincu(e) que cette procédure permettra un départ serein et respectueux pour les deux parties.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Votre Nom et Prénom]
Qu’est-ce qu’une rupture conventionnelle ?
La rupture conventionnelle est une procédure qui permet à un employeur et à un salarié en CDI de convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail. C’est la seule modalité de rupture du contrat de travail à l’amiable.
Ce dispositif, encadré par le Code du travail français (articles L.1237-11 à L.1237-16), présente des avantages pour les deux parties.
- Pour le salarié : Il a droit aux allocations chômage (assurance chômage), ce qui n’est généralement pas le cas lors d’une démission. Il perçoit également une indemnité de rupture spécifique, dont le montant ne peut être inférieur à celui de l’indemnité légale de licenciement.
- Pour l’employeur : La procédure est plus simple et moins risquée qu’un licenciement, car l’accord mutuel réduit considérablement les risques de litige futur devant le conseil de prud’hommes.
Quand et pourquoi demander une rupture conventionnelle ?
Quand demander une rupture conventionnelle ?
Vous pouvez initier une demande de rupture conventionnelle à tout moment, tant que les conditions sont remplies :
- Après la période d’essai : Pas possible pendant l’essai.
- Pendant des périodes spécifiques : Possible en cas de maladie, accident du travail, congé maternité, parental ou sabbatique. Même en cas de difficultés économiques de l’entreprise, à condition de ne pas frauder les règles de licenciement économique.
- Interdictions : Impossible dans le cadre d’un accord collectif de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois), d’un PSE, ou d’une rupture conventionnelle collective. Également interdite pour les salariés protégés sans autorisation spéciale (comme les représentants du personnel).
Il n’y a pas de délai minimum d’ancienneté, mais l’indemnité dépend de celle-ci.
Pourquoi demander une rupture conventionnelle ?
Cette procédure est avantageuse pour plusieurs raisons, surtout si vous êtes salarié débutant dans le monde du travail :
Pour le salarié :
- Obtenir une indemnité négociée (minimum légal : 1/4 de salaire mensuel par année d’ancienneté pour les 10 premières années, plus 1/3 ensuite).
- Bénéficier des allocations chômage, contrairement à une démission simple.
- Éviter un préavis long ou conflictuel.
- Raisons personnelles : reconversion, déménagement, burnout, sans justifier un motif précis.
Pour l’employeur : Simplifie la séparation sans risque de litige, et permet de restructurer l’équipe sans procédure lourde.
Exemples de situations : Si vous voulez changer de carrière, suivre un conjoint muté, ou si les relations se dégradent sans faute grave.
Attention : Si l’employeur refuse, vous ne pouvez pas forcer la procédure. Dans ce cas, envisagez une démission ou une prise d’acte (mais sans allocations chômage automatiques).
Éléments essentiels à inclure dans la lettre de demande
Bien que la loi n’impose pas de lettre formelle pour initier la démarche, elle est fortement recommandée. Elle officialise votre intention et sert de base pour l’ouverture des négociations. Votre lettre doit être claire, concise et professionnelle.
Voici les informations indispensables à y faire figurer :
- Vos coordonnées complètes : Nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, email.
- Les coordonnées de l’employeur : Nom de l’entreprise, nom de votre manager ou du responsable des ressources humaines, adresse de l’entreprise.
- La date et le lieu de rédaction.
- L’objet de la lettre : Soyez direct. Par exemple : “Objet : Demande de rupture conventionnelle du contrat de travail”.
- L’expression claire de votre volonté : Indiquez sans ambiguïté que vous souhaitez mettre fin à votre contrat de travail via une rupture conventionnelle, en citant les articles L.1237-11 et suivants du Code du travail.
- Votre situation actuelle : Rappelez votre poste, votre date d’entrée dans l’entreprise et le type de votre contrat (CDI).
- Une proposition d’entretien : Proposez une rencontre pour discuter des modalités de cette rupture. C’est l’objectif principal de la lettre.
- La formule de politesse et votre signature.
Comment faire la Lettre de Demande de Rupture Conventionnelle ?
Rédiger cette lettre peut sembler intimidant, mais en suivant une structure logique, vous pouvez formuler une demande efficace.
Étape 1 : L’en-tête et l’objet
Commencez par les informations de base. Positionnez vos coordonnées en haut à gauche, et celles de l’employeur en dessous, à droite. Mentionnez la date et un objet clair.
Étape 2 : Le corps du texte
Le paragraphe d’introduction doit aller droit au but. Exprimez votre souhait d’envisager une rupture conventionnelle.
Exemple : “Madame/Monsieur [Nom du manager ou DRH], salarié(e) au sein de votre entreprise depuis le [Date d’embauche] en tant que [Votre poste], je vous informe par la présente de mon souhait de convenir d’une rupture conventionnelle de mon contrat de travail, conformément aux dispositions des articles L.1237-11 et suivants du Code du travail.”
Étape 3 : Justifier (ou non) votre demande
Il n’est pas obligatoire de détailler les raisons de votre demande. Une lettre neutre est souvent préférable pour ne pas affaiblir votre position de négociation. Cependant, si vous avez une excellente relation avec votre employeur, mentionner brièvement un projet professionnel (sans entrer dans les détails) peut donner un contexte positif à votre démarche.
- Option neutre (recommandée) : Ne donnez aucune raison.
- Option contextuelle : “Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur mon avenir professionnel et d’un souhait de me réorienter vers [mentionner un secteur ou un type de projet de façon générale].”
Étape 4 : L’appel à l’action
Terminez en invitant votre employeur à un entretien. C’est l’étape la plus importante, car la lettre n’est qu’un point de départ.
Exemple : “Je me tiens à votre entière disposition pour un entretien afin de vous exposer plus en détail ma demande et d’échanger sur les modalités d’une éventuelle rupture d’un commun accord.”
Étape 5 : La formule de politesse et la remise
Concluez avec une formule de politesse classique (“Je vous prie d’agréer, Madame/Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.”) et signez.
Il est conseillé de remettre la lettre en main propre contre décharge (une copie signée par l’employeur) ou de l’envoyer par lettre recommandée avec accusé de réception. Cela vous fournit une preuve de la date de votre demande.
Conseils pour rédiger la lettre de demande de rupture conventionnelle
Pour maximiser vos chances d’accord et éviter les erreurs, suivez ces conseils adaptés aux débutants :
- Soyez professionnel et courtois : Évitez les reproches ou motifs négatifs (comme un conflit). Restez neutre pour ne pas bloquer les négociations.
- Anticipez les négociations : Préparez des arguments (votre contribution passée, indemnité minimale). Utilisez un simulateur pour l’indemnité (sur telerc.travail.gouv.fr).
- Choisissez le bon timing : Envoyez-la au moins 35-40 jours avant la date souhaitée pour couvrir les délais (entretien, rétractation, homologation).
- Vérifiez vos droits : Si vous êtes salarié protégé (ex. : CSE), une autorisation de l’inspecteur du travail est needed au lieu d’une homologation.
Erreurs à éviter :
- Ne pas mentionner l’article du Code du travail : Ça montre un manque de préparation.
- Envoyer sans discussion préalable : Risque de refus immédiat.
- Oublier la preuve d’envoi : Utilisez toujours RAR.
Astuces supplémentaires :
- Utilisez des listes pour lister vos attentes pendant l’entretien (ex. : indemnité, congés payés restants).
- Consultez un conseiller (syndicat ou inspection du travail) si doute.
- En cas de refus, explorez d’autres options comme une transaction ou une démission pour motif légitime.
Questions fréquemment posées (FAQ)
Non, la loi n’exige aucune motivation pour la demande de rupture conventionnelle, que ce soit dans la lettre ou lors des entretiens, car il s’agit d’un accord libre sans besoin de justification. Cependant, il est conseillé d’évoquer brièvement un projet personnel pour favoriser une discussion positive, sans entrer dans des détails sensibles.
Rédigez une lettre formelle incluant vos coordonnées, celles de l’employeur, l’objet clair, votre poste et ancienneté, la référence légale, une proposition d’entretien avec dates, et une formule polie. Restez courtois, concis, sans reproches ; utilisez une police claire et signez. Envoyez-la en recommandé pour preuve.
Oui, l’employeur peut refuser sans justification, car la rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel et ne peut être imposée. En cas de refus, explorez d’autres options comme la démission ou le licenciement. Une demande insistante sous pression peut être contestée et invalidée.
Oui, la demande peut être faite oralement ou par écrit (courrier, mail). Un modèle de lettre est disponible pour aider à initier la procédure.
Après la lettre, organisez au moins un entretien dans les jours suivants. Si accord, signez la convention, puis observez 15 jours de rétractation. L’homologation par la DREETS via TéléRC prend 15 jours ouvrables ; la rupture est effective à la date convenue si validée, soit 1 à 2 mois minimum au total.
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